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Le français à Turin (2006)

 

Journaliste, écrivain, académicienne canadienne, Lise Bissonnette, alors présidente de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, était le Grand Témoin des Jeux Olympiques de Turin en 2006.

Dans son rapport final, Lise Bissonnette faisait un constat sans détour : " Le français existe toujours comme langue olympique, mais il n'est plus la langue des Jeux ". Si la place du français semblait plus grande à Turin qu’à Athènes, elle l’était "comme une langue cérémoniale et protocolaire" tandis que "la prépondérance symbolique était à l'anglais" : slogans, billets, communication, produits commerciaux étaient exclusivement en anglais, parfois en italien. Même la devise des Jeux n'était pas traduite.

Lise Bissonnette impliquait par ailleurs l'absence de volonté politique des francophones eux-mêmes pour rétablir l'usage courant du français, langue des Jeux Olympiques depuis plus d'un siècle. Les Comités nationaux olympiques des Etats de la Francophonie étaient eux-mêmes blâmés de ne pas exiger que les informations leur parviennent en français.
Lise Bissonnette recommandait un cadre réglementaire précis qui vienne compléter la Règle 24 de la charte olympique sur les langues officielles ainsi qu'un cahier des charges et des mesures linguistiques "contraignantes" pour la ville d'accueil des jeux, avec une veille linguistique permanente sur la langue des sports.

Pour Mme Bissonnette, la suprématie de l'anglais dans le monde des sports n'est pas irréversible : "Je crois à la contrainte, en même temps que je crois à la charge symbolique (…) Nous savons dans notre pays que les choses n'arrivent pas par la seule bonne volonté, il faut une volonté politique", notait-t-elle, précisant que les coûts de traduction n’étaient qu’une « goutte d'eau dans un océan » par rapport au budget global des Jeux Olympiques.

En conclusion, Lise Bissonnette s’en remettait à une volonté politique pour sortir de la « négligence bienveillante dont le français fait désormais l'objet" chez les sportifs et stopper « la disparition lente" du français face à l'anglais qui est "devenu la langue internationale du sport."

Découvrez le rapport du Grand Témoin des Jeux Olympiques de Turin (Lise Bissonnette).




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