3 questions à... Mamedy Doucara
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« Je suis un frustré des Jeux »
Malgré un titre de champion du monde et deux médailles européennes, le Parisien n’a jamais connu les Jeux. Son idée fixe : terminer sa carrière sur le podium à Londres.
Vous faites partie des trois Français, avec Marlene Harnois et Pascal Gentil, désignés pour aller chercher un quota au tournoi de qualification olympique, à la fin du mois à Kazan. Une lourde responsabilité ?
Mamedy Doucara : Bien sûr, mais je veux aborder cette compétition sans me laisser écraser par la pression de l’enjeu. Avec mes dix ans d’expérience du haut niveau, j’ai réalisé que je réussissais le mieux lorsque j’étais relâché et détendu. Certes, je ne néglige aucun détail. Et sur place, je ferai le boulot à fond pour aller chercher ce quota. Mais je dois aborder la compétition en me disant que le monde ne s’arrêtera de pas tourner, quoiqu’il arrive, le 29 janvier à Kazan.
Quelle sera votre « mission » lors de ce tournoi de qualification olympique ?
Monter sur le podium pour décrocher un quota pour la France dans ma catégorie de poids, les moins de 80 kg. Je sais que je peux y parvenir, car j’ai battu au moins une fois tous les adversaires qui m’attendront à Kazan. Ma préparation est bonne, je suis dans mes entraînements. Et je veux vraiment y arriver car je suis un frustré des Jeux olympiques. En 2000, année de l’introduction du taekwondo dans le programme olympique, j’étais le sparring-partner de Myriam Baverel. En 2004, on m’a préféré un autre Français un mois avant les Jeux. En 2008, j’ai été battu d’un rien dans le combat décisif pour le quota olympique. Pour moi, l’aventure continue. Mais je veux la terminer en décrochant une médaille à Londres.
Vous partagez votre vie entre le taekwondo et un métier de photographe. Ces deux activités s’accordent-elles bien ?
Parfaitement, oui. J’ai besoin de cet équilibre. La photo m’assure un boulot, bien sûr, mais elle me permet aussi me remettre des déceptions sportives qui peuvent intervenir dans une saison. Et puis, ces deux milieux se révèlent très proches. Dans la photo comme dans le sport, l’année est organisée en fonction de certains objectifs qu’il faut préparer avec rigueur et patience. Dans les deux cas, on est mis à l’épreuve. Et, dans les deux cas, tout est à refaire à chaque compétition et à chaque shooting. C’est pourquoi j’applique à mon métier de photographe mon expérience et ma rigueur de sportif de haut niveau.





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