Comité national olympique et sportif français

Comité national olympique et sportif français

 

Club ambition sport

Club ambition sport

 


Partenaires officiels

bmw partenaire officiel

 

Maé-Bérénice Maïté, c'est "dingue, dingue, dingue !"

 

Maé-Bérénice Maïté : « Ce que j'aime, c'est le côté un peu casse-cou »



A tout juste 17 ans, Maé-Bérénice Méité patine déjà avec les meilleures. Victorieuse au Masters d’Orléans le 10 octobre dernier, elle est l'étoile montante du patinage français, un réel espoir pour les Jeux Olympiques de Sotchi 2014. Dans une discipline en recherche de leader depuis une certaine Surya Bonaly, à laquelle elle est souvent comparée, Maé-Bérénice Méité pourrait bien se révéler être la nouvelle étoile du patinage français. La sociétaire de l'ES Vitry Patinage vient de terminer 6ème du Trophée Bompard. Rencontre avec Maé-Bérénice Méité et son entraîneur, Katia Krier.

Qu’est ce qui vous a amené au patinage artistique ?
Nous avons fait une sortie à la patinoire avec mon centre de loisirs lorsque j’étais en maternelle. Ça m’a plu. J’ai ensuite demandé à mes parents de m’inscrire dans le club de ma ville, à Vitry… et j’y suis toujours licenciée. Mes parents pensaient que je n’y resterais que deux ou trois semaines. Avec le froid, ils s’imaginaient que j’allais abandonner ! Depuis, ils m’ont toujours soutenue. Ils m’ont dit : « si c’est quelque chose que tu aimes faire, si c’est ta passion, on est là, prêts à te suivre à 200%. Il faut simplement que ce soit une passion et non une contrainte ».

Qu’est ce qui vous a plu ?
Le patinage a une image très glamour, mais moi, ce que j’aime, c’est le côté un peu casse-cou, foncer un peu partout. J’aime les sensations sur la piste, et parfois la notion de danger à gérer ! C’est comme mon deuxième cœur … une vraie passion. Je suis heureuse chaque jour d’aller m’entraîner. J’aime faire des triples, des pirouettes, et enchainer les programmes. Quand je me sens un peu « folle », je me lance des défis, j’essaye de nouveaux sauts, de nouvelles combinaisons.

On vous compare souvent à Surya Bonaly, l’avez-vous vue patiner ?
J’ai regardé des vidéos. J’ai compris alors le pourquoi des comparaisons. On a le même côté athlétique, la même morphologie, la même couleur de peau. Pleins de petits détails qui me font comprendre qu’il existe des similitudes entre nous deux. Surya a un très beau palmarès, alors je suis fière que l’on me compare à elle.

Que devez-vous améliorer pour atteindre son niveau ?
Avec le nouveau système, il faudrait que j’améliore ma deuxième note, celle de l’artistique. C’est l’un de mes points faibles. J’y travaille depuis longtemps. Ca viendra mais cela prend du temps. J’ai évolué mais ce n’est pas encore suffisant pour espérer monter sur les podiums mondiaux ou olympiques. Il faut surtout que j’apprenne à bouger, à laisser parler mon corps.

Comment s’organise votre quotidien ?
Depuis deux ans, j’ai changé mon mode d’entraînement. J’avais besoin de retrouver la flamme, l’envie. Je m’entraîne au pôle de Bercy pour tout ce qui concerne le patinage. Je patine l’après-midi, environ 3 heures 30 par jour. Je vais trois fois par semaine à l’INSEP pour effectuer ma préparation physique et les cours de danse. Par ailleurs, je suis au CNED en terminal S. Chaque matin, des professeurs particuliers se rendent à Bercy pour me donner des cours.

C’est important pour vous d’entretenir le corps et l’esprit ?
Bien sûr, je ne vais pas aller loin sans le bac ! Le sport ne fait pas tout dans la vie. Une carrière, c’est court. Il faut profiter de chaque instant et savoir ce que l’on veut. Je sais aussi déjà ce que je voudrais faire parallèlement au patinage. J’aimerais travailler dans la parfumerie pour créer des essences. C’est pour cela que je ne veux pas lâcher l’école ! J’ai conscience de l’instant présent mais aussi de l’avenir. Je suis volontaire et très terre à terre. Dans ce monde, on n’a pas de temps à perdre !

Haut de page 

Katia Krier : « Ma rigueur contrebalance son côté zen »



Entretien avec Katia Krier, entraineur de Maé-Bérénice Maïté...

Quelles sont les principales qualités de Maé-Bérénice ?
C’est une fille atypique dans le milieu de la glace, de par sa stature, son look. Elle possède des qualités d’athlète, une explosivité intéressante et une musculature vive. A 12 ans, elle faisait déjà tous les triples. Aujourd’hui, les patineuses ont un gabarit très fin, très léger. Elles sont très maigres. Maé-Bérénice dénote vraiment dans le milieu. Il faut faire de ce gabarit atypique une vraie différence et l’utiliser comme une force.

Est-elle loin des podiums mondiaux ?
Elle a été précoce techniquement, mais elle a un énorme retard sur la partie expression artistique. Elle s’est beaucoup reposée sur ses qualités mais elle manque de précision. On essaye de travailler la technique et l’expression. Elle manque encore de finesse dans ses fondamentaux mais elle appréhende très bien les choses et elle corrige très vite. On ne peut pas remplacer 6 ou 7 années de patinage, de glisse, d’expression, de grâce en seulement deux saisons. Il faut laisser du temps au temps.

Y-a-t-il un souci avec les filles qui rapportent beaucoup moins de médailles que les garçons ?
A force de stigmatiser l'absence de filles au plus haut niveau, il y a eu un gros travail d’effectué dans les centres, les clubs, sur la détection. Ce n’est pas suffisant face à des Américaines qui ont un réservoir beaucoup plus grand. Mais on a quand même en France une dizaine de filles capables de faire tous les triples sauts et qui commencent à pointer le bout du nez sur les Grands prix juniors. On n’est pas encore complètement compétitifs aujourd’hui, mais il y a du travail qui est fait et il faut continuer. Une fille comme Maé-Bérénice ouvre la voie. L’année dernière, de part ses résultats, elle permet d’avoir deux filles aux championnats d’Europe. Ce n’était pas arrivé depuis 2002. A l’époque, il s’agissait Vanessa Gusmeroli et Laetitia Hubert. C’est quand même encourageant.

Maé-Bérénice semble en avance pour son âge…
Pas tant que ça. Elle a de l’avance pour nous au niveau français, mais pas dans le contexte mondial. On a par exemple eu une petite Russe de 14 ans qui a gagné le Trophée Bompart. Le patinage est quand même un sport à maturité précoce. Maé-Bérénice est objectivement à peu près dans le coup. Si elle est sélectionnée pour les championnats d’Europe, on visera une place dans les 6, une médaille pourquoi pas. Cela dépendra du contexte, mais au niveau mondial, on en est très loin. L’objectif serait plutôt d’être dans les 10.

Qu’est-ce qui pourrait provoquer le déclic ?
Le travail, parce qu'elle est quasiment à 90% de ses capacités en compétition. On a beaucoup à faire… surtout sur le patinage. Si on prend les classements sur scores techniques, elle est dans les premières. Mais sur la deuxième note, le score des composantes, elle est loin derrière. Entre une Carolina Kostner ou une Mao Asada, à contenu technique égal, sur le reste, il n’y a pas photo. Pas encore.

Et comment améliorer ces composantes ?
Les composantes prennent en compte le style de patinage, ce que l’on appelle chez nous le toucher de glace : la manière d'évoluer sur la glace, la légèreté, les quarts, la chorégraphie, l’expression, la performance, l'exécution, l’enrobage... Là-dessus, on voit vraiment une différence, il faut être objectif. Notre sport est du patinage « artistique ». Aujourd’hui Maé-Bérénice est sportive. Elle fait des contenus, elle a des performances sportives mais qui manquent d’artistique.

Qu’allez-vous mettre en place pour travailler avec Maé ?
Depuis cette année, elle a une scolarité aménagée au sein d’un dispositif que l’on appelle sport-études-concept. Elle ne va plus à l’école, des professeurs viennent à Bercy tous les matins. Elle ne court plus après le temps. Elle peut patiner 6 jours sur 7 et on a le temps de travailler le patinage, les pirouettes, les détails et les points faibles. Auparavant, on avait 3 séances 4 fois par semaine et le samedi une ou deux séances. Cette année, on prend une séance complète sur le patinage, une autre sur les pirouettes; deux séances de technique et de programme, de la préparation physique trois fois par semaine, de la danse tous les mercredis. L’an dernier on n’avait pas le temps, avec les compétitions, l’école… Elle partait à 6h30 de chez elle le matin, mangeait dans le métro à 13h pour repartir à 14h… Elle a eu les résultats qu’elle a eus. Là, on est moins stressées, on peut travailler plus en profondeur, dans le calme.

Et votre relation ?
Nous sommes complémentaires. Je suis très rigoureuse. Elle est plus insouciante, sereine. Elle a un tempérament très agréable, elle ne se prend pas la tête. Quand je pars en compétition avec elle, je ne suis pas stressée, parce qu’elle fait son contenu. Un peu comme avec les garçons. Avec les filles que j’ai entrainé, que ce soit Vanessa Gusmerolli, Laetitia Hubert ou Candice Didier c’était plus incertain. Elles se posaient beaucoup de questions, faisaient leurs entraînements, mais le jour de la compétition, ça pouvait être très bien comme ça pouvait déboucher sur une catastrophe. Maé est vraiment la première athlète avec laquelle je travaille qui est rassurante de ce point de vue. Avec elle, ce n’est jamais désastreux. Elle peut rater, passer à côté d’un truc, mais je sais qu’il restera toujours une partie de l’entraînement et que tout ne va pas s’effacer derrière des questions métaphysiques, psychologiques. Ce côté-là est vraiment appréciable. Quand je pars avec elle, je suis vraiment contente. On a vraiment une relation de confiance. Elle me fait confiance techniquement, et elle sait que mon côté rigoureux est nécessaire pour contrebalancer son côté zen.

C'est quelque chose qui s'est installé d'entrée ou qui s'est construit au fil du temps ?
Quand on m’a dit qu’il fallait que je l’entraîne, j’avais un peu peur au début. J’ai besoin de confiance, de complicité. Or, durant les deux dernières saisons de Maé-Bérénice avec l’entraîneur qui l’a formée, il n’y avait plus de dialogue, c’était chacun de son côté, elle lui tournait le dos… avec moi, ça ne pouvait pas le faire. Je ne la connaissais que par les compétitions, pas personnellement. Dès le début, je lui ai expliqué comment je travaillais et lui ai bien dit que si elle se comportait comme précédemment, ça n’allait pas le faire. Je ne sais pas travailler dans l’agressivité, dans le conflit. Et en fait, elle n’est pas du tout comme ça. Elle fait ce que j’attends d’elle. Je crois qu’on commence à bien se connaître. On a moins besoin de parler.
C’est une fille très déterminée, voire parfois obstinée, qui arrive à encaisser 6 heures d’entrainement. Mon rôle est de lui apprendre à garder ce côté volontaire tout en faisant les choses avec discernement. De plus, c’est une battante qui adore la compétition. Elle gère bien la pression sans se poser mille questions. Après, ça reste une ado, elle a tendance à se laisser vivre. Mais elle sait quand elle est en dehors des clous et, du fait qu’elle soit mineure, je suis très attentive en compétition parce que j’ai une certaine responsabilité.

Haut de page 


 

 

Accéder au contenu du site | Accéder aux principales rubriques du site | Accéder à la recherche | Accéder au début de la page