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Grégoire Pennes : « Il ne faut pas passer à côté »

 


Du 17 au 20 novembre 2011, les 28èmes championnats du monde de trampoline et tumbling s’ouvriront à Birmingham, en Angleterre. Ce rendez-vous sera essentiel pour les trampolinistes français dans la course aux quotas olympiques. Rencontre avec l’un des meilleurs gymnastes de sa génération, chef de file de cette délégation, Grégoire Pennes (vice-champion du monde 2009 et champion d’Europe en 2010 en individuel, vice-champion du monde 2010 en synchronisé avec Sébastien Martiny).

Le trampoline est une discipline confidentielle, comment avez-vous découvert ce sport ? Qu’est ce qui vous a séduit ?
J’ai commencé à l’âge de sept ans lors d’un forum de quartier là où j’habitais à Bois-Colombes (92). Un trampoline y était exposé. J’ai essayé et cela m’a tout de suite plu. Lorsqu’on est petit, la sensation de s’envoyer en l’air dans tous les sens sans se faire mal, représente un vrai « kif ». Puis, j’ai très vite commencé à faire de la compétition. J’adorais partir, être en concurrence. J’ai pris goût à l’adrénaline, au stress, et évidemment aux premières médailles. Et cela m’a amené jusqu’ici…

Quel a été votre parcours sportif ?
J’ai débuté dans le club de ma ville au Bois-Colombes Sport. Ce club avait déjà un historique au niveau du sport de haut niveau. Il a fourni de nombreux champions à l’époque. Il avait la culture du travail bien fait et de la compétition. Les entraîneurs nous ont vite amené dans les déplacements départementaux et régionaux pour nous sensibiliser à la compétition. A 12 ans, j’ai fait mes premiers championnats du monde par catégorie d’âge. Je suis parti au Canada, j’ai gouté aux podiums internationaux et aux voyages. J’ai logiquement intégré le pôle de Bois-Colombes.
Par la suite, j’ai rejoint le centre national d’Antibes car c’est le seul centre pour les meilleurs trampolinistes français. J’aurais préféré m’entraîner à l’INSEP, car je suis Parisien dans l’âme, mais je n’avais pas le choix. C’était le chemin obligé pour progresser et se confronter aux meilleurs. Cela permet de donner le meilleur de soi-même. En 2000, j’ai intégré l’équipe de France juniors et, depuis 2004, je suis membre de l’équipe séniors.

Quelles sont vos principales qualités ?
J’ai un goût prononcé pour l’acrobatie. J’ai également la chance d’avoir une ligne qui plait, ce qui représente un atout indéniable puisque nous sommes notés sur l’esthétique. C’est une chose que je ne travaille pas, car dès le début, j’ai eu un physique qui correspondait à ce sport.

C’est-à-dire…
Je suis longiligne. La position de mon corps dans l’espace est plaisante à voir. C’est important pour les juges !

Et vos défauts ?
Petit, j’étais un peu indiscipliné. J’ai fini pas mal d’entrainements au vestiaire en n’ayant plus le droit de sauter ! Je n’étais pas très attentif, je voulais tout faire, tout savoir tout de suite. Finalement, j’étais un petit élève perturbateur à mes débuts, jusqu’à ce que l’on me recadre ! Aujourd’hui, je suis devenu plus sérieux et plus méthodique. Avec l’expérience, j’ai acquis de l’indépendance. J’ai évidemment toujours besoin de mon coach, mais surtout pour des détails. Je commence à vieillir aussi… Par conséquent, je fais plus attention à tout ce qui entoure l’entraînement, comme la préparation physique, les étirements ou mon hygiène de vie.

Plusieurs fois médaillé, quels seront vos objectifs sur ce Mondial ?
L’objectif principal reste la qualification olympique évidemment. Le rêve pour nous serait de placer deux Français en finale. Cela permettrait à la France d’obtenir deux places pour les Jeux Olympiques de Londres, où seule l’épreuve individuelle est olympique. Ce serait historique ! Dans le cas contraire, nous devrons passer par la case rattrapage, en janvier avec le test-event de Londres… Personnellement, j’espère atteindre la finale. Une fois dans les huit premiers, tout se jouera sur un passage, alors on peut tout envisager. C’est jouable même si cela sera difficile car la concurrence est corsée, avec notamment les Chinois, et les Japonais. Il y a aussi quelques individualités russes, ukrainiennes ou canadiennes… Bref, du beau monde !

Les Jeux Olympiques, une obsession ?
Aux Jeux de Pékin, je termine 12ème sans atteindre la finale. De cette compétition, je garde un goût amer. Même si quatre ans c’est long, on le garde toujours dans un coin de la tête. Ça arrive enfin, donc il ne faut pas passer à côté. De ce fait, cela ajoute une pression supplémentaire sur ces championnats du monde. On le voit chez tout le monde. Les athlètes sont beaucoup plus concentrés que sur des Mondiaux « classiques ». On sent qu’il y a quelque chose à aller chercher au bout…


Grégoire Pennes et son crew, Egotrip'

La danse est une autre de vos passions, au point de faire partie d’un groupe nommé « Egotrip’ ». Pouvez-vous nous en dire plus ?
J’ai découvert le hip-hop au lycée, à Paris. Ça m’a tout de suite plu. Une fois parti à Antibes, je ne pouvais pas mettre cette passion de côté. J’ai alors trainé dans les clubs et les endroits où allaient les danseurs. C’est là que je me suis fait mes relations et que j’ai créé le groupe avec lequel je travaille et m’amuse aujourd’hui. Danser me fait du bien, ça me libère l’esprit. Finalement, c’est un bon équilibre entre ce que me demande le trampoline et la discipline que je dois suivre.

Arrivez-vous à trouver le temps de danser malgré vos entrainements ?
Pas autant que je le veux en réalité ! C’est dur de faire quelque chose en demi-teinte. Je privilégie évidemment le trampoline et je m’y donne à fond. Malheureusement, je m’entraine moins que les autres membres du groupe, même si j’essaye de m’investir un minimum.

Y a-t-il des points communs entre le trampoline et la danse ?
On retrouve dans le hip-hop un peu d’acrobatie et d’équilibre. La grâce acquise au trampoline peut se transposer dans la danse hip-hop, qui a l’air un peu sauvage. Mais c’est un art à part entière. Un art où il faut trouver le compromis entre grâce et sauvagerie. Le trampoline est beaucoup plus académique, plus structuré, voire scolaire. Il faut mettre une vrille ou un salto à chaque saut, par exemple. C’est moins libre !
Néanmoins, il y a une réelle similitude dans les sensations d’avant scène ou d’avant compétition. J’ai autant de pression à danser devant 700 personnes que pendant des championnats du monde. Et pourtant, lorsque l’on compare les deux sur le papier, ce n’est pas la même chose. C’est un tout autre domaine qui me procure les mêmes sensations…

Pourriez-vous en faire votre métier à la fin de votre carrière ?
Oui complètement. Je donne de cours de danse (8h/semaine) pour gagner ma vie. Mais surtout, j’adore la scène, j’adore la danse… On s’est produit plusieurs fois avec Egotrip’ et ça s’est très bien passé ! Le groupe est entrain de mûrir, alors bien sûr que j’envisage cette voie comme reconversion…


 

 

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