Les champions du monde du Paris United reçus au CNOSF

Les champions du monde du Paris United reçus au CNOSF
Stéphane Cuevas, Michel Tavarès, Tony Yoka, Arthur Schmidt, Gorgi Kilanva, Abdelkhader Bouhenia… Mardi 10 mai 2011, une partie de l’équipe du Paris United sacrée championne du monde de la World Series of Boxing samedi 7 a été reçue par le CNOSF en son siège, la Maison du sport français.
D’Arnaud Romera (Stade 2, président de la Société des Journalistes), à André Martin (vice-président de la Fédération Française de boxe), en passant par Jean Vuillermoz (adjoint chargé du sport à la mairie de Paris), l’ensemble des partenaires du Paris United était représenté ce mardi au Club France. Seuls Brahim Asloum et Humbert Furgoni, président de la fédération française, retenus à la dernière minute, manquaient à la fête.
Admiration et reconnaissance

« Je tiens à signifier tout le plaisir qui est le mien en tant que président du CNOSF d’accueillir l’équipe du Paris United. Je voulais vous indiquer à la fois notre admiration et notre reconnaissance pour tout ce que vous avez fait. J’ai suivi au fur et à mesure de votre parcours à la fois vos succès, parfois les inquiétudes, pour le rebondissement final qui vous a valu le titre mondial », a déclaré Denis Masseglia, en accueillant les champions du monde.
« Je voudrais également remercier et dire toute l’admiration que l’on peut avoir pour Brahim qui a fait un pari audacieux et qui l’a mené à bien », a poursuivi le président du CNOSF. « Quand nous nous étions retrouvés à la mairie de Paris avant le début du WSB, nous avions envie que ça marche mais on pouvait aussi avoir quelques doutes sur l’issue. L’enthousiasme était partagé par certains acteurs des médias, par des partenaires institutionnels comme la Mairie de Paris, par le mouvement sportif, par la fédération, ses officiels et son encadrement technique qui ont œuvré pour la réussite des sportifs. La boxe fait partie des sports sur lesquels ont peut compter pour apporter des médailles aux Jeux Olympiques de Londres ».

Pour Dominique Nato, DTN de la boxe, « la première partie de l’objectif est atteint. La seconde, aussi importante sinon plus que la première, c’est d’arriver à qualifier les boxeurs en passe de faire leur finale individuelle. Ce sont des quotas olympiques qu’ils vont chercher. Cette aventure WSB était complètement liée au projet olympique de la fédération. C’est donc important de pouvoir qualifier Ludovic Groguhe et Nourdine Oubaali. Ce serait l’apothéose, la réussite totale, pour un projet mixte, avec au départ l’investissement dans tous les domaines de Brahim Asloum, la fédération et le ministère au travers de la direction technique. Ce sera important pour nous de réussir à la fin du mois de qualifier nos deux garçons qui sont en ce moment en plein travail ».
Deux groupes réunis pour un objectif : Londres

« Je suis très heureux d’être ici. Je suis fier de représenter une fédération avec des résultats et des boxeurs que je connais pour certains depuis le temps où ils étaient juniors. Ils ont des résultats formidables. Etre champions du monde par équipe, c’est très beau. J’espère que nous aurons aussi des champions du monde individuels qualifiés pour les Jeux Olympiques. Pour ce qui concerne la fédération, nous avons accompli notre mission, nous nous sommes engagés et nous sommes très fiers de compter parmi les partenaires de Paris United », s’est exprimé André Martin. Ce dernier n’oublie cependant pas que le groupe Paris United ne représente qu’une partie de l’équipe de France de boxe : « Il y a aussi certains boxeurs qui n’ont pas eu cette chance de connaitre cette finale et qui sont dans l’attente pour la suite des événements. Ils sont en stage de préparation et on espère avoir une belle équipe de France à Londres ».
De fait, comme l’a expliqué Dominique Nato, DTN de la boxe, le deuxième groupe France était à Berck-sur-Mer pour affronter le Brésil et la Biélorussie le week-end dernier du côté des Mureaux. Ce tournoi a permis d'affiner la sélection pour les championnats d’Europe de juin. "Ces championnats ne sont pas qualificatifs, mais s’inscrivent dans notre démarche de sélection pour aller chercher quelques quotas aux Mondiaux de Bakou au mois de septembre, la priorité numéro 1. Les deux groupes vont donc se rejoindre. On oublie les satisfactions de la WSB pour se repositionner sur les championnats du monde et on remet tout le monde sur le projet olympique pur ».

Mais mardi, l’heure était à la célébration collective. « On a fait quelque chose de grand, on a gagné, on est champions du monde ! », s’est réjoui Michel Tavarez, l’un des boxeurs ayant le plus crevé l’écran par son punch et son sens du show. « Le côté spectacle, j’ai toujours eu ça en moi », explique-t-il. « Je m’inspire un peu des Cubains. Je trouve qu’ils boxent avec une certaine classe, que je n’ai peut-être pas encore acquise totalement, mais c’est ce qui fait ma boxe. Quand j’ai boxé à Paris, j’ai senti que le public était avec moi, cela m’a donné des forces et l’envie d’aller de l’avant et de lui faire plaisir aussi en gagnant mes combats. J’ai aussi eu droit à des commentaires de Teddy Tamgho en direct à la télévision aux côtés de Charles Bietry. Teddy est un ami d’enfance de Sevran où on a grandi et c’était vraiment sympa de vivre ça ensemble ». Contacté et recruté comme réserviste par Brahim Asloum, Michel Tavarès a désormais pris une place plus importante dans le groupe : « Je pense que Brahim est content de moi et qu’il a fait un bon investissement » estime-t-il d’ailleurs.
« Il faut que nous vous aidions »
Cet investissement, Brahim Asloum, auquel il convient d’attribuer les lauriers d’une initiative glorieuse menée avec passion et ténacité, entend bien la terminer par le succès individuel de Ludovic Groguhe et Nourdine Oubaali (rendez-vous les 26 et 27 mai à Guyiang en Chine) et la poursuivre l’an prochain, avec le soutien renforcé de ses partenaires.

A ce titre, Jean Vuillermoz s’est montré particulièrement rassurant. Exprimant « au nom du maire de Paris et de sa population que nous représentons, une très grande fierté pour la performance réalisée par le Paris United », l’adjoint au maire chargé des Sports a reconnu que la WSB restait encore insuffisamment connue. « Nous avons essayé de vous aider pour cette communication. Nous avons mis dans Paris un certain nombre de panneaux qui ont fait la promotion de la boxe et de votre compétition. Quand nous nous sommes rencontrés en septembre/octobre, nous n’étions pas prêts, mais la formule, avec des soirées au nombre de combats réduits et relativement courts, est vraiment formidable et aide à reprendre goût à la boxe ».
Confortée par son titre de championne du monde, la franchise de Brahim Asloum est désormais mieux à même d’appréhender l’avenir. « Il est évident que ce que vous représentez, le nom de Paris porté en Europe et dans le monde maintenant, doit permettre à l’ensemble de nos jeunes d’aller vers la boxe » a ainsi poursuivi Jean Vuillermoz. « Il faut que nous vous suivions, en mettant les moyens, que nous vous aidions, peut-être un peu mieux que nous ne l’avons fait parce que nous n’étions pas préparés. Je m’y engage, je vais essayer de tenir cet engagement. Les moyens budgétaires pour l’année prochaine semblent un peu compliqués, mais on va le faire. Nous serons un partenaire un peu plus important, avec certainement une subvention un peu plus conséquente que celle que nous avons allouée cette année. Il faut remercier, les boxeurs, les médias, les sponsors, mais surtout Brahim Asloum qui s’est engagé fortement de tous les côtés, même avec ses moyens propres ».
Entretien avec Kevinn Rabaud, entraîneur en chef du Paris United

Quels ont été les moments clés de la finale face aux Astana Arlans ?
Les moments clés sur la première partie de la finale, c’est le 1er round de Georgi Kilanava, que l’on ne nous donne pas, et qui fait que l’on perd 3-2, alors qu’à un point, un juge près, nous pouvions virer en tête et donc aborder beaucoup plus facilement la deuxième journée. Malgré tout, même si cela nous plaçait en difficulté, nous avons abordé sereinement la suite. Le samedi, nous avons commencé par une très bonne entrée en matière de notre boxeur irlandais John Joe Nevin. Nous avons ensuite subi la défaite d’Abdelkader Chadi qui nous a mis au pied du mur, sans aucun droit à l’erreur. Mais ça nous était déjà arrivé. Michel Tavarès nous a alors sorti un match extraordinaire face au champion olympique en titre, Abdelkader Bouhenia a ensuite été très bon pour son premier match en WSB, et enfin, opposé à un boxeur de 120kg, notre poids lourd croate Filip Hrgovic a réussi l’exploit de s’imposer et de nous emmener vers le premier titre de champion du monde par équipes des WSB !
Comment avez-vous vécu cette première saison des WSB avec le Paris United ?
Les WSB, c’est quelque chose d’extrêmement novateur pour notre discipline : même si chaque athlète est seul sur le ring et doit produire une performance individuelle, il se dépasse aussi pour l’équipe. C’est quelque chose de complètement neuf dans le milieu de la boxe. Nous sommes partis sans trop savoir ce que l’on pouvait espérer dans cette compétition, nous étions là pour apprendre. Mais il s’avère que nous avons appris très vite. Dès la 2e journée de la conférence européenne, nous étions en tête du classement que nous n’avons plus quitté, jusqu’à la remporter, même si il y a eu des moments de tension, notamment lors des matches à Paris face à Milan. Et puis, nous avons vécu des demi-finales compliquées avec cette défaite 4-1 à l’aller à Bakou et ce retour de folie à Paris où nous avons gagné 5-0. Nous avons abordé les matches les uns après les autres, et plus nous nous sommes retrouvés dans la difficulté sportive, plus nous avons abordé les rencontres dans état serein. J’ai plutôt bien vécu les demi-finales et la finale !

Kevinn Rabaud et Tony Yoka
Vous êtes DTN adjoint de la FFB et entraîneur en chef du Paris United…
L’option qui a été choisie, et elle est payante puisque nous sommes arrivés au bout, ça a été d’avoir un fonctionnement très proche de la fédération française de boxe. Elle a conservé la direction du projet sportif, aux côtés du Paris United dirigé par Brahim Asloum. Et les deux structures ne sont jamais entrées en concurrence. En fait, mon intervention auprès de cette formation ne se conçoit que dans la perspective de la préparation olympique de l’ensemble du groupe équipe de France. Il n’y a pas, d’une part, un groupe équipe de France et un groupe Paris United, nous avons un seul collectif olympique qui se prépare par deux voies différentes. Celle du Paris United offre des quotas olympiques à travers les finales individuelles, l’autre groupe dispute les grands tournois internationaux amateurs. Et les deux collectifs vont se rejoindre très prochainement pour participer aux championnats du monde de Bakou en octobre 2011, qualificatifs pour les Jeux Olympiques, où nous enverrons les meilleurs afin qu’ils décrochent les quotas dans leurs catégories respectives.
Avez-vous pu intégrer les meilleurs boxeurs amateur français au sein du Paris United ?
Malheureusement, pour constituer l’équipe de Paris United, nous n’avons pas pu prendre tous les meilleurs. Il y a des boxeurs de qualité, qui ont déjà eu de très grands résultats en boxe amateur qui n’ont pas pu être pris, puisque le principe des WSB repose sur cinq catégories, qui ne correspondent pas à celles de la boxe amateur où il y a 10 catégories. Celles de la WSB sont les catégories intermédiaires. Ca ne correspondait donc pas toujours. Nous avons des boxeurs de renom comme John Mbumba, médaillé européen et mondial, qui n’a pas pu participer aux WSB.
Au sein du Paris United, nous avons dû « tourner ». Par exemple, Alexis Vastine a démarré la saison avec nous, puis il s’est blessé, et a dû repartir sur la voie amateur en attendant de retrouver son plein potentiel pour préparer les championnats du monde. L’idée, c’était de sélectionner les meilleurs du moment, ceux qui correspondaient au profil de la boxe WSB où le mode de jugement est différent, professionnel, où l’on boxe sans casque et sur 5 rounds. C’est un mariage intéressant et il y a une vraie légitimité sportive. On ne choisit pas son adversaire, il y a des réflexions concernant les compositions d’équipes qui sont stratégiquement intéressantes. Trois jours avant le match, on ne sait pas qui on va rencontrer… Pour l’incertitude et la validité sportive, c’est excellent.

Ludovic Groghue
Avoir deux boxeurs en finales individuelles des WSB, est-ce une satisfaction ?
Nordine Oubaali et Ludovic Groghue vont jouer la qualification olympique directe en finales individuelles des WSB. Malheureusement, il nous en manque un. Il y a Rachid Azzedine, qui n’a connu aucune défaite lors de son parcours dans les WSB. Mais il s’est blessé à Paris en plein combat. Celui-ci a donc été déclaré « no contest ». Il lui fallait une victoire. A quelques secondes près, il devait se qualifier pour les finales. Peut-être aussi que sans la blessure d’Alexis Vastine, nous en aurions qualifié un 4ème. Tous les boxeurs du Paris United, même ceux qui sont entrés tardivement dans la compétition, sont très bien classés individuellement. Nous avons une équipe homogène.
Le format WSB est-il un plus pour les boxeurs candidats à une qualification pour les Jeux Olympiques ?
Nous n’aurons aucune difficulté à descendre de 5 à 3 rounds. Nous retravaillerons différemment pour reprendre de la vitesse, du rythme, mais ça ne posera pas de gros problème. En revanche, boxer sans casque, dans des conditions de stress importantes, des fois dans des salles de 4.000, 5.000 personnes, sous la pression, face à des adversaires difficiles, c’est inestimable notamment pour les plus jeunes qui n’avaient pas connu des évènements aussi importants. Dans la perspective de la préparation mentale pour les Jeux Olympiques, on est en plein dedans. Un Tony Yoka, un Michel Tavarès, ne seront pas perturbés, même d’un point de vue médiatique. Ils sauront gérer.








