Le 11e colloque national de lutte et de prévention contre le dopage

Les vendredi 1er et samedi 2 avril, le CNOSF a organisé le 11ème colloque national de lutte et de prévention du dopage à la Maison du sport français. Autour de Denis Masseglia, président du CNOSF, d’Alain Calmat, président de la commission médicale du CNOSF, ou de Bruno Genevois, président de l'Agence Française de lutte contre le dopage (AFLD), trente trois spécialistes sont intervenus devant près de 200 participants, autour d’un ordre du jour réalisé conjointement par le CNOSF, le ministère des Sports et l’Agence française de lutte contre le dopage.
Moment fort, chaque année, de la prévention et de la lutte contre le dopage en France, ce colloque 2011 a permis une réflexion ouverte et complète entre les forces vives de ce combat représentées par 45 fédérations sportives françaises (médecins fédéraux et des équipes de France, DTN etc..), les médecins et dirigeants des Comités Régionaux et Départementaux Olympiques et Sportifs (CROS et CDOS), les médecins conseillers et inspecteurs régionaux anti-dopage des Directions Régionales et Départementales de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale (DRJSCS et DDJSCS), les médecins responsables des antennes régionales de prévention du dopage et les animateurs-conférenciers anti-dopage du réseau du CNOSF.
Parmi les intervenants, se trouvaient Luis Horta, du Conseil de l’Europe, Olivier Rabin, de l’Agence mondiale antidopage, Michel Boyon, président du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA), ou encore Christophe Blanchard-Dignac, PDG de la Française des Jeux. De nombreux scientifiques (tels les professeurs Duclos, Pesquies, Vidal, Parquet, Poortmans ou Bigard) étaient également présents, de même que Mario Zorzoli et Jean-Pierre Strebel, respectivement médecin et directeur général de l’Union cycliste internationale, Pierre Bouillon, de la direction des Douanes ou le Colonel Bourret, de Office Central de Lutte contre les Atteintes à l'Environnement et à la Santé Publique (OCLAESP).

« La lutte contre le dopage est un combat de tous les instants qui doit, et devra, ne jamais se relâcher. Cela passe par des actions de répression et de prévention. Mais la prévention serait très vite peu crédible et peu efficiente si la répression matérialisée par les contrôles et la lutte contre les pourvoyeurs et les trafics perdait de son intensité » a introduit Alain Calmat.
A ce titre, Denis Masseglia a souhaité « que l’on parle un peu plus des progrès qui ont été faits ». Le président du CNOSF a ainsi affirmé que « le retard se réduit de plus en plus entre les autorités de contrôle et les fraudeurs. Il se réduit parce que les méthodes scientifiques sont plus au point, mais aussi parce que la peur d’être éventuellement détecté quelques années plus tard a changé la donne. L’aspect santé est essentiel, mais pas suffisant. La peur du gendarme, de la sanction, de la déchéance des résultats et des performances sont également de nature à faire réfléchir. La chute de certains champions doit inciter à ne pas faire de dérives. Le talent avec de l’artifice est vraiment la dernière voie à explorer ».
Combattre la suspicion

Au-delà de la répression, les actions de communication apparaissent essentielles. En préventif, à destination des athlètes, en analyse, pour le grand public : « pour permettre de faire reculer ce fléau, il faut faire prendre conscience qu’avec la préparation la plus rigoureuse et complète possible on peut parvenir à une meilleure performance. A ce titre, les efforts pour que la performance soit valable, sans artifice, doivent être soulignés. Corollaire du fléau du dopage, la suspicion doit être combattue. Il est essentiel de mettre en avant le fait que les athlètes de heut-niveau susceptibles de réaliser de grandes performances sont pour leur grande majorité sains ».
Michel Boyon a par ailleurs évoqué la possibilité de programmes courts de prévention du dopage sur les chaines de télévision et les radios publiques comme privées. «Cette idée n’est pas nouvelle. Nous possédons les fondements législatifs pour le faire» a-t-il précisé, évoquant la loi de 1986 sur la liberté de communication.

« Il est de mon devoir de faire en sorte que le cahier des charges de France Télévisions prévoit enfin ce genre d’intervention », a rajouté le président du CSA. « C’est une nécessité, tant il est clair que la répression en elle-même ne suffit pas. Il nous faut désormais évoquer ce fléau différemment, de manière, plus régulière, au sein de magazines de société ou d’émissions médicales et s’adresser à toutes ces populations concernées.» Une tâche que Michel Boyon a confié à la mission sports du CSA, dirigée par Rachid Ahrab.
Autre piste évoquée par Denis Masseglia, la prise en compte, dans le dispositif de sanction, du préjudice causé au sport : « Je ne suis pas favorable à la peine capitale à la première infraction mais peut-on rester inactif face à un sportif qui nuit à l’image du sport ? La nuisance causée au sport par le dopage doit être prise en compte dans l’arsenal juridique ».





