L'unanimité derrière la candidature
- 1 . Charles Beigbeder : « Annecy 2018, une vraie famille »
- 2 . Jean-Luc Rigaut : « On fabrique une politique de territoires »
- 3 . Denis Barbet : « Le mot "Jeux" me fait vibrer »
- 4 . Gwendal Peizerat : « Chaque étape nécessite une concentration à 100% »
- 5 . Sandrine Bailly : « Pour un héritage durablement positif »
- 6 . Marc Veyrat, chef étoilé : « Un tourisme de qualité »
Charles Beigbeder : « Annecy 2018, une vraie famille »

Interrogé à l'issue de la visite de la Commission d'Évaluation, Charles Beigbeder a exprimé sa satisfaction et donné les priorités du Comité de candidature d'ici à Durban : « Nous sommes tous sur la même ligne de départ. Maintenant, on est dans la course, on rentre dans la phase de promotion internationale et de force de conviction. On a déjà bien travaillé en ce qui concerne la persuasion. Cette commission était une étape indispensable.
On avait eu des suggestions le 22 juin 2010, nous avons réellement amélioré notre dossier, sur tous les aspects. J’estime que ça c’est bien passé. Notre dossier est excellent. Nous avions le soutien des athlètes, les membres français du CIO , les pouvoirs publics, ça a vraiment impressionné les membres de la commission. Annecy 2018, c’est toute une équipe, et même plus, c’est une véritable famille. C’était très pro, la météo a été clémente.... mais maintenant, c’est derrière nous. C’était une réussite!
Maintenant on rentre dans la phase de promotion internationale et on peut se consacrer à 100% à convaincre le monde entier et plus particulièrement les membres du CIO de nous confier les Jeux Olympiques et Paralympiques d'hiver 2018. On est désormais au même niveau que les autres villes candidates qui vont recevoir la commission. On leur souhaite bonne chance. »
Jean-Luc Rigaut : « On fabrique une politique de territoires »
Jean-Luc Rigaut, maire d’Annecy a exprimé sa satisfaction à l’issue de la visite de la Commission d’Evaluation : « Je crois que ça a créé un état d’esprit supplémentaire pour aller à Durban. Les équipes ont formidablement travaillé. Quand on a donné le meilleur de soi-même, quel que soit le résultat, il n’y a rien à regretter ». A l’amorce de cette dernière ligne droite, Jean-Luc Rigaut revient sur la candidature de sa ville.

Quel sont les points forts d’Annecy et de sa région ?
Le point le plus fort, c’est bien sûr les sites, les deux pôles resserrés, Annecy et Chamonix, le lac et le Mont Blanc. Quand vous êtes au pied du mont Blanc le matin, qu’il fait beau et que vous voyez les membres de la Commission descendre de l’autobus et commencer à se prendre en photo devant le mont Blanc avant d’écouter les explications, c’est un signe. Quand vous montez au Semnoz et que vous avez une vue à 360° sur les Alpes et que, là aussi, on regarde le paysage avant de se mettre au travail, c’est un signe engageant sur la qualité de notre territoire. Quand on arrive le soir pour la présentation du théâtre des cérémonies sur notre Pâquier sacré, que l’on voit le coucher de soleil sur la tournette qui devient rouge et qu’ensuite la magie du lac s’installe, là aussi, le site parle de lui-même
Mais cela ne suffit pas. Ce que l’on a essayé de faire passer cette semaine comme message, c’est ce qui n’est pas écrit dans les livres. C’est la « french touch » si vous me permettez, c’est ce que nous sommes au quotidien, nous les Annéciens, nous les Haut-Savoyards. On a su, dans cette ville, ancrer depuis bien longtemps des politiques d’éducation basées sur l’équilibre du sport et de la culture qui respectent le patrimoine, préserver et valoriser ce dernier, y compris en matière gastronomique. On sait être professionnels, on est capables de réussir de grandes organisation tout en étant un peu détendus. C’est ce qui est notre identité et c’est un deuxième point fort d’Annecy. Parce que c’est vraiment comme ça qu’on va gagner, sur ces valeurs-là.
Le plus important, c’est de retrouver les valeurs profondes du sport portées par le monde de l’Olympisme. Il fallait que la Commission d’Evaluation se rende compte que ces valeurs sont accrochées à notre territoire.
Quels sont les bénéfices pour le territoire depuis le début de cette candidature ?
Avec cette candidature, on fabrique une politique de territoires. Une de mes plus grandes satisfactions est que, quelque part, tout le territoire soit fédéré autour de ce projet. On a appris à se parler. Les rapports entre les collectivités ont changé. Quand vous avez fait des connexions, elles subsistent, quoi qu’il arrive. C’est essentiel pour pouvoir faire des politiques globales plus ambitieuses au lieu de continuer sur les chicaneries de vallées qui existaient dans le passé.

Le stade olympique des Jeux Olympiques de Chamonix 1924
Notre territoire de montagne s’est développé après les premiers Jeux Olympiques d’hiver en 1924. C’est le début du ski alpin… qui porte ce nom parce qu’il est né ici. Les stations se sont développées avec les modes de vie de l’époque. Aujourd’hui, il faut changer de modèle. Le monde a changé dans ses données économiques et parce qu’on a une exigence différente, avec un autre rapport à l’environnement et à cette nature que notre territoire incarne. Quand on parle d’eco-station et de la montagne du XXIè siècle, il ne s’agit pas de faire plus de station, mais de faire mieux en termes de station. Comment on va arriver à se réapproprier l’espace, l’aérer dans certains cas, le recomposer, recréer des zones où il fait encore mieux vivre ?
En 2050 on sera encore plus nombreux, on aura envie de partager la montagne et c’est dès aujourd’hui qu’on doit s'y préparer. Cela part de principes d’économies d’énergie, parce que ‘est préserver l’avenir. Cela passe aussi beaucoup par un fil conducteur : l’eau. Demain, ce sera un bien précieux. C’est notre ADN et c’est maintenant qu’il faut s’en occuper.
Et pour Annecy ?

Quand on est maire d’Annecy et que dans la même semaine, on voit passer le Président de la République, le Premier ministre ; quand 7 à 8 ministres et pas des moindre viennent s’exprimer lors de séances plénières qui représentent l’exigence olympique… c’est exceptionnel. Je n’oublie pas une chose, je suis d’abord maire d’Annecy et au service des Annéciens. Bien sûr, il y a cet enjeu olympique qui est une autre forme de service aux Annéciens d’aujourd’hui, mais aussi de demain.
Je pense qu’à un moment donné, une ville qui se respecte et a une population équilibrée doit s’ouvrir. Aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, avec les moyens de transport, le périmètre est mondial. Je préfère être un maire qui prépare sa ville à ce périmètre, quitte à anticiper à travers un projet comme celui des Jeux, mais avec de vraies exigences, parce qu’on est assis sur des valeurs, de mode éducatif, d’équilibre de sport et de culture, de respect du patrimoine et de la nature, de développement économique. Avec ces valeurs, je pense que l’on peut vivre ensemble durablement, même nombreux.
Denis Barbet : « Le mot "Jeux" me fait vibrer »
Denis Barbet, champion paralympique de ski est pleinement impliqué dans la candidature. Les yeux brillants quand il parle des Jeux Olympiques, Denis Barbet revient sur les bénéfices de cette candidature d'Annecy pour le handisport :

Au premier rang dans ambassadeurs, Denis Barbet représente le handisport
« Je crois que l’on a répondu présent. Pour la première fois de l’histoire, on a vu une personne à mobilité réduite dans un Comité d’Évaluation. Cela montre l'implication du CIO pour les paralympiques et du Comité International Paralympique pour les Jeux. Nous, on a répondu présent. Cela fait deux ans que l’on est impliqué dans le projet. On est plusieurs à travailler au quotidien avec Perrine Pellen, Romain Ribout et Gérard Masson, le président de la Fédération française handisport. En plus, on a un dossier excellent, avec des Jeux très compacts, ce qui permet d’avoir une convivialité entre neige et glace, entre lac et montagne... un très bon dossier technique. On a réussi à présenter un projet olympique, bien que l’aspect paralympique ne soit que l’un des 17 items présentés à la commission, mais c’est quand même important que l’on ait répondu présent.
Ayant participé à deux Jeux Paralympiques et Paralympiques, et comme tout sportif d'ailleurs, dès qu’il y a le mot "Jeux", ça me fait vibrer. En plus, c’est une candidature qui a tous les atouts pour gagner. Il nous reste la partie lobbying, très importante, et un engouement populaire à maintenir. Ce sont des moments très importants à vivre dans un vie de sportif.
Quoi qu'il en soit, je sais qu'il va y avoir du bénéfice pour les handicapés. La candidature a permis un travail de sensibilisation sur l'accessibilité et le handisport auprès du monde politique, . Donc que l’on ai les Jeux ou pas, ça, c’est acquis. Et il reste, de toutes façons, un héritage. Par exemple, à la Clusaz ou devraient être organisées les épreuves de ski alpin, il y aura une remontée mécanique accessible aux handicapés dans tous les cas, avec une livraison pour 2013-2014. C’est sûr, ça va être fait. »
Gwendal Peizerat : « Chaque étape nécessite une concentration à 100% »
On parle beaucoup de ce qui va être fait au niveau de la neige, quelle sont les points forts de la candidature en termes de glace ?
La création de l’ovale de vitesse. C’est une structure qu’on ne possède pas en France aujourd’hui. Elle sera construite sur Seynod même si on n’a pas les Jeux. C’est un équipement qui sera unique en France, unique même dans toute la zone européenne de proximité. Ils n’ont ça ni en Italie, ni en Suisse.
Aujourd’hui, on sent que le patinage de vitesse est performant en France, malgré tous les manques que l’on a. On a des jeunes qui sont là. Thibaut Fauconnet a montré des capacités exceptionnelles. Sur la longue piste, Alexis Contin, qui vient du roller, doit s’entraîner à l’étranger et arrive quand même au pied du podium à Vancouver. On sent que ça vibre et que ça veut exploser. Il faut donner à ces sports la possibilité de se développer.
Cet anneau sera donc un pôle d’attraction pour les athlètes français, mais aussi pour les patineurs internationaux qui se sont déjà positionnés pour pouvoir disposer d’une telle structure. C’est également une chance fantastique pour la Fédération Française des Sports de glace, non seulement parce qu’il va rester, comme structure couverte qui pourra être utilisée toute l’année mais en plus parce que des surfaces de glace seront aménagées à l’intérieur de l’ovale permettant la pratique du short-track et du curling.
L’ovale a été annoncé comme étant une innovation indépendante des Jeux, c’est donc d’ores et déjà un héritage fantastique de la candidature …

Vous avez adapté la chanson Hôtel California des Eagles pour en faire une version Annecy 2018. Cette chanson a clôturé la conférence de presse finale. La prochaine étape, ce sera le clip ?
On est en train de se poser la question de savoir si ça a un intérêt de pousser dans cette direction ou pas. Ce qui est intéressant, c’est que dans les paroles de la chanson, il y a à peu près tout ce que sont les points forts de la candidature. J’ai écrit ça à la fin de la semaine de répétition. Je suis rentré chez moi très tard, vers 3h du matin et j’ai écrit les paroles. J’étais inspiré par le travail que l’on avait fait. J’avais tout ça en moi, ça avait envie de sortir et à 5h j’avais terminé.
Quel sont les perspectives de la candidature d’ici à Durban ?
Comme le disait Guy Drut, je fais partie de l’orchestre, je serai soliste si on me demande de l’être. Chaque chose en son temps. On avait un gros travail à faire sur la Commission d'Évaluation. Chaque étape nécessite une concentration à 100%.
Ce n’est pas toujours le meilleur dossier qui emporte la victoire. Maintenant, on doit faire un travail auprès des membres du CIO qui doivent être convaincus. Il faut adopter les bons messages et les bons procédés envers eux pour leur communiquer la vision que vient d’avoir la Commission d’Évaluation.
Sandrine Bailly : « Pour un héritage durablement positif »

Double médaillée olympique, Sandrine Bailly était à Annecy pour présenter le volet « Héritage » de la candidature. Pour elle, « l’héritage est un point très important. En tant qu’athlète, ça nous concerne et ça nous touche tout particulièrement. Savoir comment faire vivre les Jeux après les Jeux, comment préserver ce qui est beau sans dénaturer notre magnifique région… Toutes ces questions, Annecy 2018 y répond bien car un soin tout particulier a été apporté pour assurer cet héritage afin qu’il soit durablement positif ».
A ce titre, la candidature d'Annecy prend pleinement cette dimension en considération : « Les sites olympiques laisseront un héritage environnemental exemplaire. Nous les voulons sans éléphant blanc, dans des espaces naturels préservés et valorisés. Nous souhaitons des Jeux avec des infrastructures à haute qualité environnementale et à faible consommation d’énergie. Les sites olympiques laisseront également un héritage fort aux sportifs pour les sports olympiques et paralympiques. Notre candidature est une ouverture pour une montagne accessible à tous permettant une pratique sportive et de loisirs aux personnes en situation de handicap. Nous voulons des Jeux qui proposent une montagne du 21ème siècle ».
Marc Veyrat, chef étoilé : « Un tourisme de qualité »

Présent depuis la phase de requérance aux côtés d’Annecy 2018, Marc Veyrat, cuisinier trois étoiles, noté 20/20 par le Gault-Millaut, représente parfaitement l'alliance de l’hospitalité savoyarde, du respect de la montagne et de la haute gastronomie française :
« les Jeux Olympiques ne seront réussis que dans la mesure où ils seront ceux de la prise de conscience d’un environnement qu’il faut préserver. Cela doit être un lieu explosif vis-à-vis de la transmission que l’on doit à nos enfants. Notre tourisme est un tourisme de vérité, d’authenticité rurale. C’est une région vivante. Ces Jeux doivent être ceux de l’enthousiasme, de la jeunesse, de l’identité, du monde de l’environnement, dans un sens de vérité inscrit dans le monde contemporain. La Haute-Savoie, ce n’est pas que la fondue et les fromages. C’est une culture, c’est la cuisine du soleil. »




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