Une candidature voulue et portée par les sportifs
Alors que la Commission d'Evaluation du CIO est à Annecy jusqu'au 12 février, Florence Masnada ambassadrice d'Annecy 2018, évoque son rôle et les points forts d’une candidature portée par les sportifs pour des Jeux destinés à laisser un héritage important. Elle est à l'origine de l'adhésion de Pernilla Wiberg au projet. Cette dernière, devenue vice-présidente d’Annecy 2018, et Mathieu Bozzetto soulignent pour leur part l’extraordinaire qualité de cette région, berceau des Jeux Olympiques d’hiver.
FLORENCE MASNADA

Quel est le rôle d’une ambassadrice de la candidature ?
Le rôle d’ambassadrice est assez simple : c’est de promouvoir et de parler de la candidature… en dehors d’Annecy dirais-je, avec tous les sportifs, toutes les personnes que l’on peut rencontrer. Je pense que cela n’est pas tellement difficile car nous avons de beaux atouts, de belles montagnes… Annecy, le lac, Chamonix, le Mont-Blanc, ce sont de belles images, cela parle tout seul !
Quand avez-vous été contactée pour tenir ce rôle ?
Sur la phase de pré-requérance, j’étais avec Grenoble. En novembre 2009, après le choix d'Annecy par le CNOSF, j'ai été sollicitée pour m’occuper de mobiliser l’ensemble du monde sportif. Cette candidature est destinée à tous les sports, pas seulement ceux d’hiver. Elle a été pensée comme un projet de développement pour le sport français, car il y a beaucoup de sports d’été qui viennent ici en stage d’oxygénation, cela peut leur permettre de profiter des installations qui seront développées pour 2018.
Quel rôle avez-vous tenu dans la conception même du dossier ?
Nous avons fait passer le message d’un projet très compact, dans lequel les athlètes, dans les villages olympiques, seront proches de leurs lieux de compétition, cela nous semble essentiel; mais aussi que les sites de compétition soient à la fois exigeants et sécurisés. Notre rôle est de porter ce message à l’étranger, d’en parler autour de nous.

Florence et Pernilla sur le podium des championnats du monde de Vail en 1999
Comment avez-vous obtenu l’adhésion de Pernilla Wiberg ?
Pendant 10 ans, nous avons disputé la Coupe du monde de ski alpin ensemble, et comme nous nous alignions sur toutes les disciplines, on se voyait souvent. On se fréquentait aussi sur les podiums, enfin, elle beaucoup plus souvent… et toujours devant moi ! Je savais qu’elle était devenue membre du CIO, qu’elle était très active, et que son mandat allait s’arrêter à Vancouver en février 2010. Quand je l’ai rencontrée à Whistler, je lui ai demandé ce qu’elle comptait faire ensuite, en lui posant la question de savoir si cela pourrait l’intéresser de travailler sur la candidature d’Annecy. Elle m’a répondu que l’on pourrait se rencontrer, mais d'une façon seulement informelle, étant encore membre du CIO. Ce que nous avons fait avec Edgar Grospiron, toujours à Whistler. Nous sommes restés en contact et nous nous sommes officiellement revus au mois de mai à Monaco pour lui présenter le projet en détails. Elle a réfléchi deux ou trois mois avant de dire, "Ok, cela m’intéresse, parce que j’aime cette région, parce que c’est un projet porté par les sportifs… et parce que nous sommes des outsiders". Je crois que c’est un challenge qui lui plait !

Quel est votre programme ?
Le gros objectif, c’était cette visite de la Commission d’Evaluation du CIO. Ensuite, c’est assez clair : les différentes présentations avec en point d’orgue, celle de Durban le 6 juillet. Il faudra aussi être présents sur tous les grands événements internationaux où nous sommes susceptibles de rencontrer des membres du CIO, car nous devons être là pour leur parler à nouveau du projet qui a bien évolué. On peut également s’appuyer sur des images concrètes, sur la venue de la Commission d’Evaluation. Il faut continuer à en parler, car on sait qu’une grande partie des membres du CIO n’ont pas encore pris leur décision. Il faut être là pour les convaincre, nous avons l’énergie pour cela. Nos experts ont fait un superbe travail pour le dossier technique, et pour nous, c’est assez facile de s’appuyer dessus.
Quelle est votre prochaine étape de promotion ?
Je vais retourner à Garmisch, où se disputent actuellement les championnats du monde de ski alpin, à la fois pour faire mon travail de commentatrice pour la télévision, et pour rencontrer du monde. Nous avons plus de 600 soutiens de sportifs français, dans tous les sports, qui nous servent aussi de relais auprès des membres du CIO. Nous allons commencer à activer le réseau des étrangers. Sur Garmisch, j’irai par exemple voir Didier Cuche et Didier Defago, qui sont des champions suisses romands proches de nous. S'ils ont envie de se positionner, nous aimerions bien les avoir de notre côté. Il y a par ailleurs beaucoup de sportifs étrangers qui s’entraînent en France, nous allons les contacter pour leur dire que c’est un projet qui dépasse le cadre des Jeux d’hiver. Le mouvement en faveur d’Annecy 2018 doit s’internationaliser !
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PERNILLA WIBERG
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Pourquoi pensez-vous qu’Annecy est la meilleure candidate pour accueillir les Jeux Olympiques ?
Quand j’ai entendu parler pour la première fois du fait qu’Annecy était ville candidate, tout au début, j’étais enchantée parce qu’Annecy est réellement au cœur des Alpes. Vous n’avez qu’à regarder dehors quand vous êtes à Annecy et tout ce que vous voyez, ce sont des montagnes entourant ce superbe lac.
C’est un cadre époustouflant. J’ai couru, dans les montagnes toute ma vie. Etre capables d’accueillir les XXIIIe Jeux Olympiques d’hiver ici, ce serait parfait.
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MATHIEU BOZZETTO
Quels sont selon vous les principaux atouts d’Annecy ?
Les montagnes autour d'Annecy sont réellement très jolies. L'authenticité est là. En particulier autour du Semnoz, parce que nous allons organiser des Jeux dans un secteur où il n'y aura aucun travaux à réaliser. Ce qu'on va rendre après les Jeux, ce sera comme cela était avant, dans l'état naturel des choses.

Je trouve particulièrement beau la perspective d'un retour des Jeux à Chamonix, lieu des premiers Jeux Olympiques d'hiver de l'histoire. Chamonix c'est quand même le plus joli massif de montagne d'Europe et je trouve superbe de voir arriver les Jeux dans cet endroit mythique où on a encore l'image des gens qui jouaient au hockey-sur-glace au milieu de la station, qui faisaient du bobsleigh sur les pentes autour... je trouvais ça magique. Alors ce ne sera pas le bobsleigh à Chamonix, ce ne sera plus les mêmes spectateurs, ni les mêmes engins, mais l'esprit olympique, les Chamoniards savent ce que c'est.
Je trouve que la candidature est belle parce qu'on est vraiment sur un site splendide. On a plein d'atouts en France, dont la gastronomie, on peut en faire l'éloge une fois de plus, mais il y a surtout le territoire, ce terroir est magnifique. Quand on va là-haut sur le Semnoz, avec cette vue à 360°, c'est beau. Ça vaut le coup d'y monter pour ceux qui n'y sont jamais allé, parce que c'est vraiment superbe. Les athlètes, par exemple les bosseurs, vont être gâtés. Ils vont vivre les Jeux, ça va être un truc de fou. Non seulement ils vont avoir la pression des Jeux, mais ils vont être sur un terrain de jeu fantastique... la vue qu'ils ont là-haut !... moi je trouve ça magique.
Vidéos et récit des journées de la visite de la Commission d'Evaluation du CIO à Annecy



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