Le Grand-Bornand, l'atout biathlon d'Annecy

Principe d'aménagement de la zone pas de tir en configuration hiver
Le Grand Bornand et la Ville d’Annecy s’associent avec la Fédération Française Ski pour organiser trois épreuves du circuit international de biathlon entre mars 2011 et décembre 2013. Dans le prolongement des performances historiques réalisées par l’équipe de France à Vancouver, le Grand Bornand s’est en effet lancé dans l’aventure du biathlon avec un nouveau stade durable aux normes internationales. Le site, retenu par le Comité de candidature d’Annecy 2018, a l’ambition de devenir un lieu de rendez-vous incontournable du biathlon international.
Vers le premier site de biathlon homologué "Licence A" de France
« Le stade est opérationnel depuis avril dernier », explique Yannick Aujouannet directeur du comité d’organisation mis en place le 27 juillet dernier avec pour président Gérard Périssin-Fabert, maire du Grand-Bornand. « Les travaux ont débuté fin octobre 2009 et sont désormais achevés. Nous sommes en attente de l’homologation de l’International Biathlon Union (IBU) qui nous octroiera la licence A nous permettant d’accueillir les compétitions internationales. La visite des experts aura lieu mi-octobre et si tout se passe bien, nous serons le seul site à disposer de la licence A en France » et donc le premier à organiser une Coupe du Monde sur notre territoire.
D’ores et déjà, le calendrier est programmé avec trois rendez-vous, dont le premier, les finales de la Coupe d’Europe, aura lieu en mars 2011, soit quatre mois avant la désignation officielle de la ville hôte des JO d’hiver 2018. Il s’agira alors de la dernière compétition internationale de ski organisée en France avant le vote du CIO.
L’une des particularités du site est, de fait, d’avoir inversé le processus traditionnel d’intégration d’un site dans le calendrier de l’IBU : « D’ordinaire, un site est construit, puis homologué et enfin pose une candidature auprès de l’IBU pour accueillir des compétitions. Ici, nous avons d’abord présenté un projet sur plan à l’IBU et candidaté pour organiser des épreuves. Nous avons obtenu des dates et n’avons débuté la construction qu’à partir de ce moment là », précise Yannick Aujouannet.

Sylvie Becaert et Sandrine Bailly, entourées par l’actuelle équipe de France de biathlon, Michel Vion, président de la FFS, Gérard Perrissin-Fabert, maire du Grand-Bornand, et les représentants d’Annecy 2018, Christian Monteil, Jean-Luc Rigaut et Gwendal Peizerat - Photo Francis Bompard - Zoom
Une association Annecy/Le Grand Bornand
Une autre originalité du projet tient dans le tandem constitué par Annecy et le Grand-Bornand : « Ce projet est totalement lié à Annecy 2018 », continue Yannick Aujouannet. « Le site est en fait un acte concret de la candidature. Il manquait le stade de biathlon, nous en disposons désormais. Nous sommes à 80km de Lausanne. Le dossier d’Annecy 2018 fait la promotion du site. Lors de la visite de la commission d’évaluation du CIO pour les JO d’hiver 2018, il est vraisemblable qu’il y ait un passage au Grand Bornand ».
Une osmose également mise en avant par Jean-Luc Rigaut, maire d’Annecy : « Nos deux communes ont su jouer la carte de la complémentarité en proposant un projet novateur, conjuguant l’authenticité d’un village de montagne aux atouts d’une grande ville, valorisant le sport de haut niveau et la promotion de la discipline et privilégiant le développement durable et la qualité de l’accueil » se réjouit l’ancien champion du monde de canoë pleinement engagé pour l’accueil des JO d’hiver par sa ville.

Principe d'aménagement de la zone pas de tir en configuration été
Un site "développement durable"
La dimension « développement durable » est primordiale pour ce stade de biathlon qui offrira pour la première fois dans l’histoire du circuit mondial une épreuve en cœur de village. « Le but est de s’appuyer sur l’existant » décrit Yannick Aujouannet. « Il s’agissait de pleinement intégrer le site au sein de l’environnement dans lequel il est implanté ». Le stade se trouve en effet sur le site du Bouchet, dans le périmètre de protection de la Maison du Patrimoine, une ferme traditionnelle inscrite aux Bâtiments de France. La conception du site a donc été réalisée avec l’architecte des Bâtiments de France afin de respecter au mieux l’environnement, voire le valoriser. Ainsi, pour conserver l’authenticité des lieux, le mur du pas de tir de 30 cibles a été réalisé en pierres de la région. Les pistes utilisées respecteront ne nécessiteront aucun travaux de terrassement puisque s’appuyant sur l’existant.
Lors des compétitions de biathlon, 80% des installations seront par ailleurs démontables. Le site est en effet à vocation multiple et doit en effet pouvoir rester flexible pour pouvoir accueillir le Tour de France, des compétitions de parapentes, le festival Au Bonheur des Mômes, etc… Cette modularité a convaincu les partenaires institutionnels et les 4 millions d’euros nécessaires à la construction du site ont été apportés par le Grand Bornand, pour moitié, et par une mobilisation d’acteurs nationaux et territoriaux : le CNDS, le Conseil général de la Haute Savoie, l’Assemblée des Pays de Savoie, la région Rhône-Alpes et la FF Ski.
Reste désormais à convaincre les partenaires privés de s’associer à cette aventure du biathlon au Grand Bornand. Un objectif logique pour les organisateurs : « Nous voulons que soient associés le spectacle sportif et le marketing, afin de promouvoir la station et le territoire. Et Pour cela, l’objectif est que le Grand-Bornand accueille des épreuves sur la période 2015-2017 et devienne à terme un grand rendez-vous du biathlon ».

Sylvie Becaert, médaillée d'argent à Vancouver - Photo DPPI
Le stade "Sylvie Becaert"
Autre atout, et de poids, le soutien des biathlètes français et en premier lieu de Sylvie Becaert. Le Grand Bornand a en effet choisi d’honorer la jeune retraitée, double championne du monde et double médaillée olympique, en donnant son nom au stade. « C’est une grande fierté, mes anciennes coéquipières et adversaires vont venir courir sur mes terres ! », s’enthousiasme Sylvie qui représentera les athlètes et apportera son expérience du terrain à l’organisation : « je veillerai à ce que les sportifs repartent enchantés de cette première étape de Coupe du Monde en France ». L’expertise de Sylvie n’a toutefois pas amené d’originalité technique : « L’IBU pose des règles très précises. Il n’a pas de marge pour de l’originalité technique. Nous devons suivre les traces »...
Et nous suivrons celles du Grand Bornand, avec pour prochain rendez-vous la visite de la commission technique de l’IBU, les 21 et 22 octobre.



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