Guy Forget : « Nous avons une belle carte à jouer »

l'équipe de France de Coupe Davis
Une 16e finale de Coupe Davis ? Une 10e victoire ? Tout est possible cette année pour la bande à Guy Forget après son exploit en quart de finale à Clermont-Ferrand face à l’Espagne, double tenante du titre, sèchement éliminée 5-0 par l’équipe formée de Michael Llodra, Gaël Monfils, Julien Benetteau et Gilles Simon. Les Français recevront l’Argentine pour une place en finale, du 17 au 19 septembre. Ils ont décidé de l’affronter sur surface rapide, et donc en salle, dans une ville qui sera choisie prochainement. Retour sur un exploit et perspectives d’avenir avec le capitaine de la formation tricolore.
Après un passage par les barrages, suite à son élimination au premier tour en 2009 par la République tchèque, l’équipe de France est cette année de retour à un niveau où on ne l’avait plus vue depuis 2004 : le dernier carré du groupe mondial. « Quand on va en demi-finale, on doit être ambitieux, on doit se dire que le trophée est peut-être gagnable cette année. J’espère que les joueurs partagent ma vision des choses ! Si on regarde du côté des bookmakers, on voit que c’est un peu dans l’air du temps, que nous faisons partie des équipes bien placées » note Guy Forget.

Mickael Llodra
Pour arriver là, les Bleus 2010 ont littéralement balayé l’Espagne tenante du titre. Les deux premiers points sont gagnés en simple par Gaël Monfils et Michaël LLodra respectivement face à David Ferrer et Fernando Verdasco le vendredi 9 juillet. Le lendemain, triomphe définitif en double, Michael LLodra et Julien Benetteau dominent la paire Vedasco-Lopez en quatre sets.
« Même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais pu l’imaginer. 3-0 dès le samedi soir, c’est un peu un hold-up. Il y a parfois des rencontres difficiles, des années pénibles. Là, ça prend une bonne tournure. Pourvu que ça dure », s’exclame à chaud Guy Forget, ajoutant « Il n’y a pas de potion magique. Le sport n’est pas une science exacte. Il y a des garçons qui travaillent dur tout au long de l’année pour essayer d’être le plus performant possible. Après, tout se fait avec les tripes, avec l’inspiration du moment. C’est une alchimie difficile à trouver. Un équilibre très fragile. On le voit avec les blessures des uns et des autres. Il faut aussi de la chance parfois. Il faut de la réussite pour gagner. Il faut la provoquer aussi. Il faut que chacun soit assez intelligent à un moment donné pour rester à sa place, pour être tolérant, pour accepter les coups de gueule des uns et des autres, les règles du capitaine, de la vie d’équipe, les petits conflits personnels. Et puis, parfois cela sourit quand tout s’emboite en même temps ».
« J’espère que cela va leur donner envie de mettre les bouchées doubles »

Le président Gachassin entouré des joueurs de l'équipe de France
A propos du groupe à sa disposition en cette saison 2010, Guy Forget, vainqueur de la Coupe Davis comme joueur en 1991 et en 1996, et comme capitaine en 2001, affiche son optimisme : « J’ai eu depuis vingt ans l’occasion de vivre quelques épopées merveilleuses. Je crois qu’aujourd’hui enfin ce groupe est en train de montrer son véritable potentiel. Il y a deux ou trois ans, il n’était pas prêt. Les joueurs n’étaient pas assez mûrs, pas assez forts. Aujourd’hui, ils ont répondu présents au rendez-vous, et en l’absence de Jo-Wilfried Tsonga. J’espère que cela va leur donner envie de mettre les bouchées doubles, d’arriver en septembre tous en forme, avec un peu de réussite pour être épargnés par les blessures. Avec un état d’esprit comme celui qu’ils ont montré ici, ils peuvent battre les Argentins pour aller en finale ».
Que vaut cette équipe d’Argentine ? Elle est emmenée par un joueur qui selon Guy Forget « fait potentiellement partie des cinq meilleurs mondiaux » , David Nalbandian, et comporte une grosse inconnue. « Il s’agit de Juan Martin Del Potro » (le vainqueur de l’US Open 2009), « je ne sais pas à quel niveau il sera, s’il sera rétabli de sa blessure au poignet ou pas ». Del Potro n’a en effet plus joué depuis l’Open d’Australie en janvier, et a été opéré le 4 mai dernier. Il s’est récemment déclaré prêt à reprendre juste à temps pour jouer cette ½ finale. Quoi qu’il en soit, « Nalbandian sera le joueur N°1, et derrière lui, c’est un peu moins fort. C’est pour nous un challenge fabuleux, une équipe qui n’est pas plus forte que l’Espagne, il faut y aller avec un esprit conquérant et se dire qu’on a une belle carte à jouer ».
Ce sera à Lyon, en « indoor »

L'Argentin David Nalbandian
Une conférence téléphonique, tenue 48h après la victoire de Clermont-Ferrand, a permis aux joueurs français et à leur capitaine de choisir le terrain sur lequel ils affronteront l’équipe sud-américaine. La possibilité de se produire à Roland-Garros sur terre battue a été écartée au profit d’une surface rapide. « On sait que Nalbandian est très dangereux en « indoor », quand il joue bien, c’est une véritable machine. Mais on peut influer sur la vitesse de la surface en jouant sur le grain du court ». C'est finalement à Lyon, au Palais des Sports de Gerland, que les Français organiseront cette demi-finale. Là où en 1991, l'équipe dirigée par Yannick Noah renouait avec un glorieux passé en remportant son 1er Saladier depuis 59 ans et la sixième victoire des « Mousquetaires ». C'est d'ailleurs Guy Forget qui avait remporté le point de la victoire en battant l'Américain Pete Sampras.
Avec Jo-Wilfried Tsonga ?

Jo-Wilfried Tsonga
Guy Forget espère bien pouvoir compter sur le N°1 français pour ce match capital. « Je sais que Tsonga récupère en général assez vite de ses blessures. J’espère que ce sera le cas. C’est un joueur qui apporte beaucoup à l’équipe par sa personnalité sur le terrain, à l’hôtel, durant les repas, au vestiaire… Il rayonne sur le groupe ».
Qu’elle soit au complet ou pas pour la demi-finale, l’équipe de France de tennis a des ressources. « Cette bande de copains est en train de trouver ses marques, ce qui me laisse penser que nous avons de belles choses à faire cette saison ».
En se retournant sur le quart de finale, Guy Forget conclut « Les joueurs ont été fabuleux tout au long de la semaine. J’espère que rien ne va enrayer cette machine d’ici là. Ils vont partir à gauche, à droite sur le circuit, avec leurs entraîneurs, leurs structures. Et puis, on va récupérer tout ce petit monde après l’US Open, et on va essayer de retrouver tout ce que l’on a vécu à Clermont-Ferrand. J’espère qu’ils ne vont pas oublier ce week-end auvergnat ! ».





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